Pascale B.

21,00
29 septembre 2022

« L’enfant qui pleure par en bas »

Ile des Comores.
Gaillard, adoptée par Tamu, servante depuis l’âge de 5 ans, grandit sous la protection de son maître Fundi qui lui enseigne les secrets du Coran. Son amie Halima, d’un milieu opposé, lui confie la garde d’un objet qui doit rester secret. Après une séparation de 10 ans, leurs retrouvailles, à l’insu du mari imposé à Halima, s’agence autour de ce fameux secret.

A travers cette écriture poétique délicate et franche, le lecteur fait un voyage ilien, traversant un pays de prophéties et de légendes héritées d’ancêtres esclaves ; dans le temps et l’espace, dans la peau d’un bédouin ou d’une tigresse ; une aventure magique sur les traces d’identités incomplètes… Les blessures s’y confondent.

Courageuse alliance entre récit initiatique et conte oriental imaginaire.
Récit Philosophique et spirituel, bel hommage aux femmes, leur intelligence et soif de savoir.
En contre-pied, surprenante banalisation de la dramatique amputation subie par Gaillard pour lui éviter la convoitise ….

« Défaire les mariages est chose commune comme les alliances par échanges, les répudiations…. «

29 septembre 2022

Dealer dans les foins

Village de Villeterre à la campagne en France.
Josselin et son ami Clément et une bande d’ado erre le temps d’un été, comblant l’ennui en parcourant les environs à moto. Les deux amis, aux aspirations opposées, s’entrainent et s’influencent.

Dans un décor rural résidentiel, le roman raconte les aventures d’une jeunesse livrée au désœuvrement, ses tourments, ses premiers émois, ses expériences… Théo Veillon décrit la jonction entre l’adolescence et l’âge adulte avec émulation et objectivité au cours d’un été typique dans un village.
La lecture est facilitée par un phrasé furtif et de nombreux dialogues mais n’imprègne pas le lecteur.

22 septembre 2022

L’histoire de quelqu’un qui va aller mieux

Paris, place d’Italie.
Candice porte secours à Dominique, une femme accidentée. Cette rencontre fortuite débouche sur un rapprochement entre ces deux femmes différentes mais attirées. Dominique partage sa passion pour Zola et Candice s’épanche sur sa vie.
Leurs fêlures cohabitent de manière énigmatique à la limite de l’emprise

Thriller très romancé, très dialogué, où Tatiana de Rosnay mêle son histoire personnelle et sa dévotion pour Zola à un suspense psychologique prenant.

Hommage à Zola, boulimie clandestine, en tout cas un récit particulier et inattendu.

Albin Michel

21,90
22 septembre 2022

« Je n’étais qu’une enfant »

Oakland. Kiara et son frère aîné Marcus sont acculés par les dettes, de père disparu, leur mère en prison…Face à l’inactivité de son frère, Kiara, jeune afro-américaine, cherche des solutions et, naïvement sur un quiproquo, est emportée dans une spirale prostitutive.

Premier roman de la très jeune Leila Mottley qui, d’un style léger mais très mature, dénonce l’exploitation sexuelle de jeune filles noires par les policiers.
L’écriture est directe, portant un regard féministe sur la violence sourdine doublement injuste qui menace la position d’être une femme et noire ; la masculinité s’appropriant les corps sans état d’âme.
Bien que le personnage rationalise sa situation, elle doit survivre au milieu des prédateurs tout en maternant son frère et le jeune Trévor délaissé par sa mère.

Point de vue réaliste d’une adolescence vulnérable et désenchantée rendue invisible par la société, mais dont le courage peut générer l’espoir.
Intime et sensible.

« On a fini par devenir trop grands pour nous-mêmes »
« Et je crois bien que ça pourrait être ça cet amour qui met tout l’univers sur pause »

Buchet-Chastel

16,50
22 septembre 2022

Message in a bottle

L’auteur donne la parole à Lucien qui revient sur son enfance et son adolescence.
Ce petit garçon différent, plein de rêveries, de secrets et de rituels, resté frêle car surprotégé par une mère persuadée que le monde est hostile.
« Lulu », de père inconnu, s’est construit sans appui, grandit comme un clandestin et compense sa solitude par des collections insolites sur la plage, fusionnant avec la nature.

Le récit, troublant dans sa prise de conscience de la relation polluante de l’homme avec l’océan, se veut rassurant à travers l’obstination et l’émerveillement de cet enfant en quête d’émancipation grâce à son rapport à la mer et la force de sa différence.

D’une écriture franche, fluide et sensible, Léna Paul-Le-Garrec, offre une réflexion d’actualité objective dans un contexte bienveillant.

« Je suis cet enfant aux poches de jean usées à force d’être assis seul, sur les marches, dans un coin de préau »
« Au petit matin. Lorsqu’il est le plus beau, le plus prometteur, qu’il n’est pas encore envahi par la quotidienneté . »