Nathalie M.

Mon ami

Albin Michel

9,90
par (Libraire)
4 octobre 2019

Il suffit d'une phrase...

" Tu sais, Sam, ce qui est différent de moi, c'est ce que j'aime le plus chez toi. ".
Voici la phrase qui s'offre essence même du livre. Un graphisme doux, tout en rondeur, de la couleur en osmose avec les mots.
La différence, thème au cœur de l'ouvrage se vit dans un premier temps, au mieux comme surprenante. Elle inquiète aussi. Dans un second temps, elle appelle le questionnement.
Cela amène à voir autrement, à ouvrir le champ.
Et là, c'est avec des mots d'enfants, des mots qui sonnent poésie, authenticité et beauté.
Délicieux, vraiment.

Puissance de la douceur
par (Libraire)
23 septembre 2019

Salvateur

L'auteure n'est plus, disparue noyée. Restent, puissants, plusieurs ouvrages, liés à l'être au monde, aux façons d'être au monde du métier qu'elle exerçait : psychanalyste. Elle était philosophe aussi de formation.
Et voici cet essai qui dit la douceur, sans la définir définitivement, sans lui poser contour car ce serait la réduire alors qu'elle est presque intangible, effluve d'être, mouvement perpétuel.
Elle écrit ici les possibles, la fugacité et l'élan que peut produire la douceur. La douceur peut être révolution malgré l'antinomie apparente des deux mots. Elle peut être révolution intime, prometteuse d'avenir. Elle ouvre vers l'insoupçonné, agissante d'aucune intention. Elle ouvre au monde. Elle ouvre le monde.
Il faut entrer dans l'ouvrage, se saisir des mots, de leur sens, de leur portée. Il faut s'en emplir, y réfléchir et se sentir du mouvement évoqué.
Vous verrez, cet ouvrage, vous vous surprendrez à y retourner. Et ce sera comme redécouvrir, comme se souvenir, comme s'emplir à nouveau, de cette notion dont on ne perçoit jamais à quel point elle peut réenchanter le monde ; de le transformer, en catimini, de façon quasi-imperceptible mais effective pourtant.

Les Grands cerfs
par (Libraire)
16 septembre 2019

Après le temps de l'enchantement, l'urgence

Claudie Hunzinger a toujours écrit sur ce lieu où elle vit, en pure poésie.
Lieu à vivre, à créer.
Ici, c'est le même lieu, les mêmes êtres perçus dans ses ouvrages d'avant : Nils, Léo, des artistes et les cerfs.
Mais le temps a passé et le constat se fait de la situation qui se détériore.
Les hommes vivent de plus en plus mal. Les animaux disparaissent. Tout cela par les hommes.
Ce lieu, en lisière de deux mondes, social et de nature, comme un lieu à voir. À voir la disparition active, en cours, de tout ce que nous abîmons, détruisons, inscrits dans la consommation.
D'autres le disent déjà, depuis longtemps, de bien des manières, scientifiques et littéraires.
Claudie Hunzinger, elle, restitue la possible perception animale de tenter de se fondre aux cerfs, de les observer, de les écrire, de nous les faire sentir. Elle apporte sa patte, son empreinte profonde et poétique.
Lire toute l'œuvre de Claudie Hunzinger et respirer la forêt, la montagne, s'y fondre comme être du monde.
À découvrir la magie absolue lue dans Les enfants de Grimm, je vous y invite.

Le Permis d’être un enfant

Gallimard Jeunesse

14,00
par (Libraire)
12 septembre 2019

Ouhaou !!!

Des adultes qui sauraient ce que c'est qu'être un enfant.
Des adultes qui donneraient le permis d'être un enfant.
Des adultes qui enlèveraient le permis de l'être.
Pour devenir qui alors ?
Et la liberté d'être l'enfant qu'on est, singulier, libre !
Les enfants savent détourner, contourner ce qu'imposent les adultes.
Ils se créent un monde secret qui les aide à devenir.
Voici un ouvrage, très joli, et si beau dans ce qu'il dit.
Cultivons la singularité, le droit d'être tel qu'on est, tout simplement.
Pour tous, à partir de 6 ans.
Ouvrage absolument charmant.

La Mer à l'envers
par (Libraire)
8 septembre 2019

Une alchimie d'aujourd'hui

C'est un beau roman. C'est une jolie histoire. Rose est une quadragénaire bourgeoise avec ses soucis à elle, dans sa vie à elle.
D'une croisière offerte par sa mère, elle se retrouve face à des migrants ou des exilés ou des réfugiés ( comment les nommer ? ), surtout face à Younès qu'elle perçoit comme elle voit son fils Gabriel. Elle lui donne le portable de son garçon. Et puis le temps passe. Et Younès l'appelle. Il a vraiment besoin d'elle. Elle va le chercher, le soigne, l'accompagne.
Tout semble si simple et doux dans ce roman, qui ne fait que dire des vies dans ce monde d'aujourd'hui où tout apparaît si complexe. Cette femme, mère, épouse sait faire, s'adapte au monde tel qu'il est, sans se faire d'illusions, sachant ses propres limites, dans une présence réelle et effective aux autres de ce qu'elle porte en elle ; un don pour soigner.
On sort de ce roman ragaillardis, prêts à mieux regarder et faire avec le monde dans lequel on vit, des autres qui y sont autant que soi.
L’auteure, de son écriture à elle, touche à l’essentiel, à ce qui nous remue à l’intérieur, qu'on ne sait pas bien dire, par pudeur. Elle dépeint aussi bien notre capacité à devenir, de nous adapter, de chercher et trouver des solutions que notre vulnérabilité, comme si toujours elles semblaient aller de paire, mine de rien.