Nathalie M.

LOVE ME TENDER
18,00
par (Libraire)
27 janvier 2020

Suite de Play Boy

C'est un récit d'une puissance incroyable.
C'est le récit d'une femme qui a quitté son mari et son fils pour devenir elle.
On l'avait lu déjà dans Play Boy, cet apprentissage à devenir soi. Mais là, on voit les problèmes concrets que posent les choix de cette femme.
Assumer sa sexualité, ses choix de vie, de métier ne sont pas en soi un problème. Tout ce que devient Constance Debré semble naturel, chaotique mais évident, parce que authentique.
Le problème, c'est autour, c'est ce que ça provoque chez les autres.
La question de fond, c'est l'amour.
C'est banal, ça paraît évident l'amour.
Et pourtant, rien n'est plus complexe.
L'amour, les amours pour Constance Debré riment avec liberté, avec la possibilité que rien ne dure, y compris l'amour d'un enfant pour ses parents, de son fils pour elle.
La narratrice fait preuve d'une telle pertinence et d'une telle force qu'on ne peut qu'être admiratif de tout son cheminement dans la relation à son fils : une présence rigoureuse, indéfectible et l'acceptation de tout ce qui advient, en silence, sans reproche, sans violence.
C'est un récit à la fois percutant et d'une délicatesse inouïe.

Sur les ossements des morts
par (Libraire)
26 janvier 2020

Une vision singulière du monde

Janina Doucheyko est un personnage passionnant.
Retraitée, elle vit seule dans un hameau quasiment abandonné de presque tous ses habitants l'hiver durant.
Elle fait des rondes régulières, devient gardienne des lieux pour endiguer si nécessaire, les assauts de l'hiver.
Un matin, elle retrouve un de ses voisins, braconnier, mort étouffé par un petit os : premier mort et pas le dernier.
La police enquête.
C'est un personnage marginal et bien attachant que cette dame Janina.
Elle porte un regard sur le monde tout à fait singulier et saisissant.
Elle est passionnée d'astrologie, a une éthique qui ma foi, vous le découvrirez, a une logique implacable.
La nature, les animaux tiennent toute la place dans cet ouvrage face aux chasseurs qui se croient tout puissants.
Mais les théories développées et partagées à tous par Janina la font passer pour folle.
C'est une belle fable dans laquelle on se laisse porter avec délectation.
On se sent du lieu et cette Janina, on aimerait bien la rencontrer.

Les ronces

Le Castor Astral

15,00
par (Libraire)
25 janvier 2020

Poésie d'aujourd'hui

C'est drôle la poésie. C'est fou, l'effet que ça peut avoir sur vous.
Cécile Coulon dans ses poèmes porte un regard tout à fait pertinent sur le monde, sur les êtres au monde.
Elle sait poser les contours de l'indicible et le rend perceptible, saisissable.
D'une situation ordinaire, quotidienne, elle soutire grâce aux mots justes scandés, l'essence même des petits riens autant que des grands sentiments qui nous submergent souvent.
Et cela fait un effet tel, qu'après lecture de chaque poème, soit vous le relisez séance tenante, soit vous restez suspendu, à déguster, à savourer les mots longuement, avant de passer au poème suivant.
Dans les petits interstices de la vie, avant d'en reprendre le cours, qu'il est bon de lire un poème de Cécile Coulon !

Papa part maman ment mémé meurt

Yvert, Fabienne

Le Tripode

9,50
par (Libraire)
23 janvier 2020

Livre-poèmes

Un titre et trois sujets ; papa, maman, mémé.
Un titre et trois actions ; partir, mentir, mourir.
C'est un bel objet-livre que cet ouvrage.
C'est un recueil de poèmes en prose.
Trois volets et des paragraphes.
Il pose un regard sur les êtres autour, qui sont chers, qui fondent à vivre.
Il pose un regard sans concession sur les êtres qui chavirent, de ne plus aimer et quitter, de mentir à soi et aux autres de l'amour déchu qui ne reviendra plus, de petit à petit mourir de vieillir.
C'est un livre qui dit toute l'ambiguïté d'aimer, de faillir, de tenter de vivre du mieux possible jusqu'au bout.
C'est un ouvrage qui interpelle de faire jaillir la réalité comme écho tangible de nos intimités fragiles.

CHIMPANZES, MES FRERES DE LA FORET
par (Libraire)
17 janvier 2020

Retour au bon sens, d'observer

Sabrina Krief est primatologue et vétérinaire.
Elle nous permet de découvrir le projet mis en œuvre avec toute son équipe en Ouganda, dans le parc national de Kibale, auprès des chimpanzés.
On découvre de lire le vaste champ d'investigation et le travail de longue haleine que cela représente.
Il s'agit d'étudier le comportement des chimpanzés en milieu naturel à force d'observation ( à distance ), leur adaptation à la présence humaine sur leur territoire, et leur fonctionnement social.
Des découvertes nous sont proposées au fil de la lecture ouvrant à d'autres champs d'investigation.
Aussi, on apprend combien ces zones sont touchées par la pollution des exploitations agricoles non bio proches qui provoque nombre de mal-formations et de troubles du cycle de reproduction chez ces primates. Forcément, ce qui les touche nous touche aussi ; nous sommes tellement proches !
Aussi, de les observer, l'équipe donne à voir la richesse des plantes tropicales, utilisées par les chimpanzés pour se soigner et permet la découverte de nouvelles molécules qui appellent à d'autres recherches.
Il faut se plonger dans l'ouvrage pour en percevoir toute la pertinence, la profondeur et saisir tous les champs des possibles qu'il propose.
Parce qu'il faudra encore de bien nombreuses années d'études et d'observations pour apprendre encore des chimpanzés.
C'est une belle idée que de nous permettre de percevoir tout ce travail. C'est à la fois riche de promesses, tout en nous mettant face à nos responsabilités. Cela nous ramène à l'essentiel.