Florence R.

20,00
Conseillé par (Libraire)
12 avril 2023

Déchirant

Janusz et Ludwik se rencontrent dans un camp de travail obligatoire en Pologne. Ils tombent amoureux et le temps d'une échappée loin de tout, ils vivent sans se soucier des autres, et de l'œil inquisiteur d'un régime autoritaire.
Le retour à Varsovie sonnera progressivement le glas de leur histoire. Deux visions s'opposent, celle de Janusz prêt aux compromissions pour vivre bien, sans restriction, quitte à devoir faire fi de leur relation. Et celle de Ludwik qui rejette viscéralement ce régime et cette vie condamnée à la clandestinité.
Tomasz Jedrowski dresse le portrait d'un homme épris de liberté, conscient des sacrifices qu'il devra consentir pour vivre, sans avoir à rougir, ni à se cacher. Malgré la nostalgie qui l'étreint, il ne pourra plus revenir en arrière.
Un roman terrible de mélancolie.

Conseillé par (Libraire)
6 avril 2023

Sans pareil

C'est l'histoire d'un amour immarcescible d'un homme pour son chien. Des joies simples - de l'odeur de son chien après la pluie aux rituels des promenades, l'auteur raconte par le menu ce quotidien nourri de leurs allées et venues respectives. Et ce n'est jamais mièvre, ni barbant, tant Cédric Sapin-Defour use de mots choisis pour conter ce compagnonnage si précieux et si unique.
Et comme le résume si bien Jean-Paul Dubois en préface : "Son odeur…" est un livre magique, riche, le texte d'une sorte d'éthologue amoureux racontant avec grâce et élégance l'histoire émouvante, la vie tout simplement, d'un homme avec son chien."

Conseillé par (Libraire)
5 avril 2023

Piquant

C'est peu dire que le moral n'est pas au plus haut pour Cyr, trentenaire un brin désabusée, établie à Amsterdam. Elle vient de se faire virer de la boîte de pub dans laquelle elle œuvrait peu de temps après avoir appris la mort accidentelle de son meilleur ami en Thailande. Percuté par un bateau alors qu'il faisait de la plongée. Assez improbable et pourtant. Commence alors un long chemin pour Cyr, au sens propre comme au sens figuré, ou de vieux fantômes vont refaire surface, tout en devant composer avec une réalité fade et cruelle.
Des situations souvent très drôles, sans mélo, un ton alerte et sans illusion. "La pire amie du monde" est un roman piquant, touchant, ancré dans l'époque - la référence à la (très bonne) série Fleabag donne le ton, misons plutôt sur l'humour que la sinistrose…!

Sabine Wespieser Éditeur

20,00
Conseillé par (Libraire)
30 mars 2023

D'une grande justesse

Des voix de femmes, d'adolescentes, de petite fille sont entendues dans ce roman choral d'une grande justesse. Celle d'Eve, nouveau-né déjà lucide, celle de Stéphanie (sa mère) qui a décidé d'avoir un enfant et de l'élever seule à 43 ans, celle de Corinne, amie chère de Stéphanie, qui espérait partager davantage avec cette dernière, celle de Lucie, sœur de Stéphanie, avocate affairée et déçue, et encore Lola, Nicole, Laurence, Charline, Kenza, Colette, Manon, Jamila.
Toutes, reliées entre elles par des liens filiaux ou amicaux, vont célébrer la venue au monde d'Eve, la fille de Stéphanie. Cet enfant qui fera part, dès l'incipit, de son désarroi face au comportement de certains à son égard. Pourquoi tant de niaiseries ? Les "guiliguili" d'une voix nasillarde, ou autres phrases toutes faites que chaque nouveau-né écope sans rien avoir demandé, sont-elles une fatalité ? Ce regard-là, celui de la petite Eve, est drôle et bien vu.
Chacune de ces femmes va vivre ce moment et se raconter à travers sa propre expérience, son parcours... L'éveil du désir, l'envie d'être mère ou de ne pas l'être, l'appréhension du corps - ce corps de femme mouvant et si fantastique, les bouleversements hormonaux et tout ce que ça charrie, de l'adolescence à la vieillesse, les drames intimes, subies dans sa chair.
Camille Froidevaux-Metterie dresse un portrait de femmes multiples, dans toute sa complexité, et c'est bouleversant.

Éditions Gallmeister

26,60
Conseillé par (Libraire)
27 mars 2023

Mordant

Voilà un bien curieux premier roman - dense, foisonnant, fourmillant d'idées, souvent drôles, parfois cruelles. Les personnages dépeints ici représentent chacun un travers de notre époque, poussé à leur paroxysme.
Pour la faire brève, Blandine Watkins est le personnage central de cette histoire kaléidoscopique. D'une intelligence et d'une beauté peu communes, elle quitte de brillantes études dans une prestigieuse université pour aller vivre dans un "Clapier" (c'est le nom dont a été affublée ladite résidence) dans une ville déshéritée au nom fictif de Vaca Vale dans l'Indiana.
Elle emménage donc dans cet immeuble de fortune où résident des gens d'horizons différents. Elle vit en colocation avec trois garçons, qui progressivement vont s'enticher d'elle. On perçoit très vite l'étrangeté de cette jeune femme partie vivre là, s'abandonnant corps et âme dans le mysticisme, en lectrice compulsive des textes d'Hildegard Von Bingen.
Tess Gunty s'en donne à cœur joie pour décrire des personnages improbables qui reflètent pourtant tous les déviances et les errances d'une époque où tout semble possible. De la star égo tripée dont les dernières volontés sont à la fois drôles et pathétiques aux trois jeunes types manipulables et assez crétins au prof de théâtre, archétype du ténébreux lâche qui ne s'en tirera finalement pas à si bon compte. Sans compter les autres…
Un roman chausse-trappes, original par sa forme, fort bien maîtrisé et sacrément mordant.