Cendres
Éditeur
publie.net
Date de publication
Collection
Point vif
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Cendres

publie.net

Point vif

AideEAN13 : 9782371771178
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2.99

1771 mots

1771 grains de cendres échappés des fours crématoires. 1771, c’est le nombre
total de mots qui composent ce poème, c’est la durée de l’averse de neige sous
les hautes cheminées des fours. Le long d’une prose carbonisée, comme l’écrit
Michel Host, Didier Bazy compose, la mine sur le papier, un poème de taiseux
tout au silence, au nerf, à l’économie, aux absences et aux maux. C’est un
poème qui se lit en rouleau, exactement comme lorsqu’on dit d’un corps qu’il
en est arrivé _au bout_. C’est un testament dit dans la poussière, dans le
vertige de l’alcool, dans l’épaule encastrée à même le mur et le ciment et la
désespérance. Confronté à l’espace concentrationnaire le plus cruel, plongé
dans l’enfer souterrain de la machine à démembrer l’âme et le corps (elle n’a
pas de visage, cette machine, mais tout le monde la connaît), il n’y a plus
guère que le langage qui puisse offrir une alternative à la noirceur et à
l’anesthésie. Cette langue prend la forme de cendres : résidus de matière en
suspension, jadis incandescente, à présent calcinée, témoin d’une flamme
encore présente.

Ce livre fort, poème des entrailles, aigu et fulgurant comme une douleur
soudaine, est aux croisements des langues et des littératures qui ne
connaissent pas de frontières et qui nous donnent à boire les cauchemars de
notre humanité. Thomas Bernhard, Alicia Kozameh, Imre Kertész sont de celles-
là.

> Il y a des surfaces rugueuses. Le ciment de la cellule. Ou la peau. La peau
telle qu’elle devient dans les sous-sols.

>

> Le bruit du métal. Les grilles frappant le mur humide. La gardienne fichant
tous ses angles, son nez et ses dents, à l’entrée du pavillon, pour lâcher le
hurlement : _Il est interdit de râper des os sur le ciment, et vous le savez
très bien_.

>

> Alicia Kozameh, « _Esquisse des hauteurs » in La peau même en offrande,_
Zinnia Éditions, traduction Anne-Claire Huby, P.17

Initialement publié aux éditions Le grand souffle en 2005, _Cendres_ est
proposé dans une nouvelle version numérique déclinée en deux modes de lecture.
Le texte est augmenté de fractions de toiles signées Pascal Blanchard, d’une
lecture audio bouleversante de Jean-Claude Mathon et d’une postface de Michel
Host. Cette incantation, empruntée à Toussaint Médine Shangô, en est la clé :
« Vas-tu surgir, vieille âme inachevée... ? »

Guillaume Vissac

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