Israël et la France, L´alliance égarée
EAN13
9782912833372
ISBN
978-2-912833-37-2
Éditeur
PROVINCIALES
Date de publication
Nombre de pages
155
Dimensions
19,5 x 14,5 x 0,8 cm
Poids
381 g
Fiches UNIMARC
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Israël et la France

L´alliance égarée

Provinciales

15.00
En perspicace observateur du chaos actuel de la France, Michaël Bar-Zvi montre comment la relation de ce pays avec Israël et le sionisme s'avère au fond un rendez-vous manqué. Les origines de ce hiatus remontent aux paradoxes de la Révolution française, qui prétendit « tout refuser aux Juifs comme nation, et tout leur accorder comme individus », selon le député Clermont-Tonnerre en 1789. Il se creuse donc et se révèle avec l'affaire Dreyfus, quand Herzl, après avoir assisté à la dégradation, écrit les textes les plus marquants de son Journal et donne l'élan à un nouvel État des Juifs. Si les plus authentiques dreyfusards furent bien le patriote Péguy - « toute la mystique d'Israël est qu'Israël poursuive dans le monde sa retentissante et douloureuse mission » - et son très cher ami le sioniste Bernard Lazare - le malentendu s'est étendu malgré cela avec ce que Simon Epstein a appelé le paradoxe français de l'entre-deux guerres et les errements de l'antisémitisme (de droite et de gauche) jusqu'à nos jours qui ont méjuger l'histoire du peuple juif. Ainsi le théoricien politique catholique et nationaliste Pierre Boutang demeura bien isolé lorsqu'il renversa radicalement sa position à l'égard d'Israël et demandait que la France travaille vraiment à « rendre ce fait énorme et mystérieux du retour des Juifs, (...) compatible avec les autres traditions et les autres droits sacrés par l'histoire ». Ainsi la pensée juive française, notamment celle d'Emmanuel Levinas, André Neher et Manitou n'aura finalement guère d'impact en Israël. Pourtant la relation entre la France et le peuple juif fut ancienne et souvent passionnelle : c'est le pays de Rachi, des kabbalistes provençaux, des Juifs du Pape à Avignon et dans le Comtat Venaissin, le point de contact entre ashkénazes et séfarades, mais c'est aussi le pays de Montaigne, Pascal, Racine, Bonald, Joseph de Maistre, et bien sûr de ce « précurseur du sionisme politique » - Napoléon Bonaparte. Mais la dégradation progressive de cette relation à travers la politique coloniale de la France au Proche-Orient après la première guerre mondiale, puis les problèmes et les conséquences de la décolonisation après la seconde ont conduit à la situation chaotique de la France (vue d'Israël) aujourd'hui. Israël montre la nécessité pour une nation moderne de se rattacher à ses rites ancestraux pour exister et se projeter dans l'avenir , la France partage avec le nouvel/vieil État la singularité d'une ambition universelle, mais l'élection reste concept problématique. Né en France en 1950, docteur en philosophie (Sorbonne) Michaël Bar-Zvi monte en Israël en 1975 où il devient Professeur de Philosophie à l'Institut Levinsky de Tel Aviv. Philosophe d'une grande rigueur, marqué par ses maîtres Emmanuel Levinas et Pierre Boutang, il a été directeur du Département de l'Éducation de l'Agence juive, et il en a gardé un sens pédagogique élevé et une grande force de persuasion. Détaché de l'Université israélienne, Michaël Bar-Zvi a été dans les années 2000 Délégué général du Keren Kayemeth LeIsraël à Paris. À partir d'analyses historiques rigoureuses, ses livres se sont principalement intéressés aux liens entre la pensée juive et la philosophie politique. Il a publié notamment en français : Philosophie de l'antisémitisme, PUF, 1985 , Histoire de l'Irgoun, Périple, 1987,Le Sionisme, Les provinciales, 2002 , Être et exil, Les provinciales, 2006, La guerre a commencé le 8 mai 1945, Hermann, 2009.
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