La Verte traVersée
EAN13
9782850350887
ISBN
978-2-85035-088-7
Éditeur
L'atelier contemporain
Date de publication
Nombre de pages
312
Dimensions
22 x 14,2 x 2 cm
Poids
522 g
Langue
français
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La Verte traVersée

L'atelier contemporain

Indisponible
Ce nouveau livre d’Olivier Domerg s’origine dans la vision et les sensations éprouvées lors d’une première traversée du Cantal, fin mars 2014, alors qu’il se rendait au Centre international d’art et de paysage de l’Île de Vassivière, sur le plateau de Millevaches. Il avait, pour y aller, délibérément choisi de « passer » par Le Cantal, qu’il désirait découvrir au printemps. Cette traversée s’effectua donc, une première fois, de Saint-Flour à Riom-ès-Montagnes, en passant par Murat. Il refit exactement le même trajet, le 7 mai 2014. Et, de même, quatre ans plus tard, le 31 mai 2018, pour se rendre, de nouveau, à Vassivière.
Écrivant sur le paysage, il invite, cette fois, le lecteur, à une découverte des monts du Cantal qui redeviennent, au printemps, ce « jardin d’altitude », qu’exhaussent et, à la fois, adoucissent, le retour et le foisonnement du vert (herbage et feuillaison). C’est, d’abord, comme cela, qu’il faut entendre le titre du livre, cette « Verte traVersée » : littéralement, la traversée d’un département dédié en majeure partie à l’élevage, et, donc, essentiellement constitué de prairies, de pacages et de forêts, au moment où celui-ci est « le plus vert » ; où s’affirme sa plus grande « viridité », comme disait Rimbaud. Cette traversée se voudra, dès lors, un hommage à la couleur du règne Végétal (herbe, plantes et arbres) et, d’une certaine façon, un hymne au paysage et à tout ce qui le compose.
Il s’agit, par conséquent, de dire la nature, le visage et la dimension d’un département (Le Cantal) à l’acmé d’une saison (mai) en 455 dizains, regroupés en dix-neuf chapitres, eux-mêmes correspondants à différents segments de la route des monts du Cantal parcourue. Ou, pour le dire autrement, de donner à voir, entendre et sentir, l’espace d’un livre, comment la poésie, dans son déploiement, sa justesse et sa précision, et en recourant à ses seules potentialités, peut rendre compte de la pluralité des paysages traversés, du « sentiment géographique » comme du « renouveau du vert » qui s’en dégagent.
Au vu de la forme empruntée ou choisie – le dizain (blocs composés de dix vers de dix syllabes chacun) – cette « traversée du vert » se double d’une « traversée du versv», puisque ces dizains ont été écrits à partir des notes prises in situ, au cours des divers trajets susmentionnés. L’ambition du livre étant, dès lors, de réactiver, joyeusement, une forme et une prosodie traditionnelle (le dizain), constamment mise à mal par « le surgissement du réel et l’effort pour l’exprimer ». Et, sans arrêt gauchie par l’irruption du vert dans le vers ; et par la nécessité d’être, à la fois, extrêmement fidèle (dans la restitution des sensations) et extrêmement inventif (dans la langue poétique qui s’en saisit).
Ainsi, ce livre sur les paysages des monts du Cantal et sur leur reverdissement se complète, dans le même temps, d’un travail poétique sur le vers. La perspective, toute personnelle, de l’auteur, est de réinvestir celui-ci à la faveur de ce vert profus, inspirant et printanier, visant, à travers cette homophonie, le sens et l’ambivalence même de toute écriture poétique : la sensibilité au monde se doublant d’une sensibilité à la langue. Et, la tentative de saisie de ces monts et de ce qui les caractérise (leur reverdissement manifeste) se redoublant d’une ressaisie de sa langue et par la langue (sa « vervev» et sa « verdeur »). Le vert renouveau (de la saison), dont il est question, s’accompagnant itou du renouveau d’une forme poétique. Car, tout nouveau livre sur le paysage est aussi, pour lui, quelle que soit la forme qu’il prend, un livre de poésie, ainsi qu’un livre sur la poésie.
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