Les Errants de nuit
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Les Errants de nuit

La Gibecière à Mots

AideEAN13 : 9782374637761
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2.49

**Paul Féval** (1816-1887)

"C’était le premier dimanche de carême en l’année 1832. La nuit des Sauderies
était commencée. On saudait d’un bout à l’autre de la ville, malgré la neige
fine qui tombait tourbillonnant au vent d’hiver. C’est là un très-vieil usage,
absolument particulier au pays de Sedan. Sauder (on prononce ainsi le verbe
souder dans la patrie de Turenne) veut dire ici fiancer dans le sens actif du
mot.

Les jeunes gens du pays se donnent à eux-mêmes ce titre la jeunesse. C’est un
détail, mais qui rentre bien dans la physionomie de cette colonie endimanchée.
La jeunesse ! ce seul mot vous a une bonne odeur de libéralisme naïf. Une
contrée assez heureuse pour posséder une « jeunesse » est mûre pour fêter la
Raison et adorer l’Être suprême, au lieu du bon Dieu. Quand ces gros garçons
rouges vous disent avec une fierté modeste : Je m’ai mis dans la jeunesse, on
voit bien que la guitare de Jean-Jacques fait encore danser les moellons, et
qu’il se pourrait trouver un dernier aréopage pour couronner des rosières de
la religion naturelle.

La sauderie appartient en propre à la jeunesse, qui s’adjoint, pour la
circonstance, les polissons de la ville et des villages voisins. C’est en
quelque sorte le parafe apposé au bas des farces du carnaval. Dès que la nuit
est tombée, on entend dans les rues le son rauque et discord des cornets à
bouquins. La ville est aux saudeurs qui la parcourent, divisés en petites
escouades de dix à douze mystificateurs. Tous sont armés de la redoutable
conque. Chaque troupe a son chef.

Mais voici que la troupe s’arrête à la porte d’une maison de bonne apparence.
Les cornets sonnent, puis le chef de la bande crie d’une voix retentissante :

– Saudés ! saudés ! – Qui ? demandent ensemble ses compagnons. – M. un tel
avec Mlle une telle. – Sont-ils bien saudés ? – Oui ! répond bruyamment le
chœur. Et les cornets à bouquins d’offenser les oreilles du voisinage."

Les Ardennes - 1832. Un ancien moine agonise dans une chaumière alors que
partout c'est la fête. A son chevet, Jean Guern, un sellier-bourrelier, et sa
femme veillent et prient. Le moribond est détenteur d'un terrible secret mais
il n'a ni le temps ni la force de le révéler à son ami... Quand une prophétie
se mêle un fait-divers...

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