La Fausse Maîtresse, Scènes de la vie privée
Éditeur
BnF collection ebooks
Date de publication
Collection
Classiques
Langue
français
Fiches UNIMARC
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La Fausse Maîtresse

Scènes de la vie privée

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Classiques

AideEAN13 : 9782346141937
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1.49

« Au mois de septembre 1835, une des plus riches héritières du faubourg Saint-
Germain, mademoiselle du Rouvre, fille unique du marquis du Rouvre, épousa le
comte Adam Mitgislas Laginski, jeune Polonais proscrit.
Qu’il soit permis d’écrire les noms comme ils se prononcent, pour épargner aux
lecteurs l’aspect des fortifications de consonnes par lesquels la langue slave
protège ses voyelles, sans doute afin de ne pas les perdre, vu leur petit
nombre.
Le marquis du Rouvre avait presque entièrement dissipé l’une des plus belles
fortunes de la noblesse, et à laquelle il dut autrefois son alliance avec une
demoiselle de Ronquerolles. Ainsi, du côté maternel, Clémentine du Rouvre
avait pour oncle le marquis de Ronquerolles, et pour tante madame de Sérizy.
Du côté paternel, elle jouissait d’un autre oncle dans la bizarre personne du
chevalier du Rouvre, cadet de la maison, vieux garçon devenu riche en
trafiquant sur les terres et sur les maisons. Le marquis de Ronquerolles eut
le malheur de perdre ses deux enfants à l’invasion du choléra. Le fils unique
de madame de Sérizy, jeune militaire de la plus haute espérance, périt en
Afrique à l’affaire de la Macta. Aujourd’hui, les familles riches sont entre
le danger de ruiner leurs enfants si elles en ont trop, ou celui de s’éteindre
en s’en tenant à un ou deux, un singulier effet du Code civil auquel Napoléon
n’a pas songé. Par un effet du hasard, malgré les dissipations insensées du
marquis du Rouvre pour Florine, une des plus charmantes actrices de Paris,
Clémentine devint donc une héritière. Le marquis de Ronquerolles, un des plus
habiles diplomates de la nouvelle dynastie ; sa sœur, madame de Sérizy, et le
chevalier du Rouvre convinrent, pour sauver leurs fortunes des griffes du
marquis, d’en disposer en faveur de leur nièce, à laquelle ils promirent
d’assurer, au jour de son mariage, chacun dix mille francs de rente. »

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