Mémoires de deux jeunes mariées, Scènes de la vie privée
Éditeur
BnF collection ebooks
Date de publication
Collection
Classiques
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Mémoires de deux jeunes mariées

Scènes de la vie privée

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Classiques

AideEAN13 : 9782346141869
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1.99

« Ma chère biche, je suis dehors aussi, moi ! Et si tu ne m’as pas écrit à
Blois, je suis aussi la première à notre joli rendez-vous de la
correspondance. Relève tes beaux yeux noirs attachés sur ma première phrase,
et garde ton exclamation pour la lettre où je te confierai mon premier amour.
On parle toujours du premier amour ; il y en a donc un second ? Tais-toi ! me
diras-tu ; dis-moi plutôt, me demanderas-tu, comment tu es sortie de ce
couvent où tu devais faire ta profession ? Ma chère, quoi qu’il arrive aux
Carmélites, le miracle de ma délivrance est la chose la plus naturelle. Les
cris d’une conscience épouvantée ont fini par l’emporter sur les ordres d’une
politique inflexible, voilà tout. Ma tante, qui ne voulait pas me voir mourir
de consomption, a vaincu ma mère, qui prescrivait toujours le noviciat comme
seul remède à ma maladie. La noire mélancolie où je suis tombée après ton
départ a précipité cet heureux dénouement. Et je suis dans Paris, mon ange, et
je te dois ainsi le bonheur d’y être. Ma Renée, si tu m’avais pu voir, le jour
où je me suis trouvée sans toi, tu aurais été fière d’avoir inspiré des
sentiments si profonds à un cœur si jeune. Nous avons tant rêvé de compagnie,
tant de fois déployé nos ailes et tant vécu en commun, que je crois nos âmes
soudées l’une à l’autre, comme étaient ces deux filles hongroises dont la mort
nous a été racontée par monsieur Beauvisage, qui n’était certes pas l’homme de
son nom : jamais médecin de couvent ne fut mieux choisi. N’as-tu pas été
malade en même temps que ta mignonne ? »

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