Le cabinet des antiques
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Le cabinet des antiques

La Gibecière à Mots

AideEAN13 : 9782374637143
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1.99

**Honoré de Balzac** (1799-1850)

"Dans une des moins importantes Préfectures de France, au centre de la ville,
au coin d’une rue, est une maison ; mais les noms de cette rue et de cette
ville doivent être cachés ici. Chacun appréciera les motifs de cette sage
retenue exigée par les convenances. Un écrivain touche à bien des plaies en se
faisant l’annaliste de son temps !... La maison s’appelait l’hôtel d’Esgrignon
; mais sachez encore que d’Esgrignon est un nom de convention, sans plus de
réalité que n’en ont les Belval, les Floricour, les Derville de la comédie,
les Adalbert ou les Monbreuse du roman. Enfin, les noms des principaux
personnages seront également changés. Ici l’auteur voudrait rassembler des
contradictions, entasser des anachronismes, pour enfouir la vérité sous un tas
d’invraisemblances et de choses absurdes ; mais, quoi qu’il fasse, elle
poindra toujours, comme une vigne mal arrachée repousse en jets vigoureux, à
travers un vignoble labouré.

L’hôtel d’Esgrignon était tout bonnement la maison où demeurait un vieux
gentilhomme, nommé Charles-Marie-Victor-Ange Carol, marquis d’Esgrignon ou des
Grignons, suivant d’anciens titres. La société commerçante et bourgeoise de la
ville avait épigrammatiquement nommé son logis un hôtel, et depuis une
vingtaine d’années la plupart des habitants avaient fini par dire sérieusement
l’hôtel d’Esgrignon en désignant la demeure du marquis.

Le nom de Carol (les frères Thierry l’eussent orthographié Karawl) était le
nom glorieux d’un des plus puissants chefs venus jadis du Nord pour conquérir
et féodaliser les Gaules. Jamais les Carol n’avaient plié la tête, ni devant
les Communes, ni devant la Royauté, ni devant l’Église, ni devant la Finance.
Chargés autrefois de défendre une Marche française, leur titre de marquis
était à la fois un devoir, un honneur, et non le simulacre d’une charge
supposée ; le fief d’Esgrignon avait toujours été leur bien. Vraie noblesse de
province, ignorée depuis deux cents ans à la cour, mais pure de tout alliage,
mais souveraine aux États, mais respectée des gens du pays comme une
superstition et à l’égal d’une bonne vierge qui guérit les maux de dents,
cette maison s’était conservée au fond de sa province comme les pieux
charbonnés de quelque pont de César se conservent au fond d’un fleuve."

Les d'Esgrignon sont une vieille famille noble et provinciale, pratiquement
ruinée et oubliée du roi Louis XVIII. Le marquis d'Esgrignon voit en son fils
Victurnien l'avenir du nom. Celui-ci monte à Paris afin de se mettre au
service du roi mais préfère se mettre au service du jeu et s'endette...

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