Les pauvres gens
Éditeur
La Gibecière à Mots
Date de publication
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Les pauvres gens

La Gibecière à Mots

1.99

Fiodor Dostoïevsky (1821-1881)

"Mon inappréciable Varvara Alexéievna !

Hier j'ai été heureux, excessivement heureux, on ne peut pas plus heureux ! Une fois, du moins, dans votre vie, entêtée, vous m'avez écouté. Le soir, à huit heures, je m'éveille (vous savez, matotchka, que j'aime à dormir une couple d'heures quand je suis revenu du bureau), je m'étais procuré une bougie, j'apprête mon papier, je taille ma plume ; soudain, par hasard, je lève les yeux, – vraiment, mon cœur s'est mis à sauter si fort ! Ainsi, vous avez tout de même compris ce que je voulais, ce dont mon cœur avait envie ! Je vois qu'à votre fenêtre un petit coin du rideau est relevé et accroché au pot de balsamine, exactement comme je vous l'avais insinué l'autre jour ! J'ai même cru alors apercevoir votre visage à la fenêtre ; il m'a semblé que vous aussi me regardiez de votre chambrette, que vous aussi pensiez à moi. Et qu'il a été vexant pour moi, ma chère, de n'avoir pas bien pu voir votre joli petit minois ! Il fut un temps où nous aussi voyions clair, matotchka. Vieillesse n'est pas liesse, ma bonne amie ! Maintenant je vois toujours trouble ; pour peu que je travaille le soir, que je fasse quelques écritures, le lendemain matin j'ai les yeux rouges et larmoyants ; devant les étrangers je suis même honteux de pleurer ainsi. Pourtant, en imagination, j'ai vu briller votre sourire, mon petit ange, votre bon, votre affable petit sourire, et dans mon cœur ç'a été tout à fait la même sensation que quand je vous ai embrassée, Varinka, – vous en souvenez-vous, mon petit ange ? Savez-vous, chérie, il m'a même semblé que vous me menaciez du doigt ! Est-ce vrai, espiègle ? Ne manquez pas de me retracer tout cela en détail dans votre lettre."

Une correspondance épistolaire s'engage entre le vieux fonctionnaire Makar Alexéiévitch et la jeune Varvara Alexéievna. Ils habitent l'un en face de l'autre. Ils se racontent leurs tristes vies de tous les jours et leurs malheurs...

1er roman de Fiodor Dostoïevsky.

Roman épistolaire.

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