Français langue morte; suivi de L'anti-Millet
EAN13
9782912833631
ISBN
978-2-912833-63-1
Éditeur
PROVINCIALES
Date de publication
Nombre de pages
172
Dimensions
19,5 x 14,5 x 1 cm
Poids
213 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
S'identifier

Français langue morte; suivi de L'anti-Millet

De

Provinciales

18.00
«La poésie a pour devoir de faire du langage d'une nation quelques applications parfaites » disait Paul Valéry, dans le temps même où il rappelait que les civilisations sont mortelles - et où mourait la nôtre, dont il était parfaitement représentatif. Sa vision était plus large encore, quasi visionnaire?: «?Je vois passer l'homme moderne avec une idée de lui-même et du monde qui n'est plus une idée déterminée. Il ne peut pas ne pas en porter plusieurs?; ne pourrait presque vivre sans cette multiplicité contradictoire de visions?; il lui est impossible d'être l'homme d'un seul point de vue, d'appartenir réellement à une seule langue, à une seule nation, à une seule confession, une seule physique, etc.?» L'époque à laquelle écrivait Montaigne était marquée par les ligues, les guerres de religions, la peste?: son style même est une quête de vérité, aussi ondoyante que l'homme même. Celui de Valéry, incisif comme un oiseau qui fend l'azur, tient le registre de l'intelligence qui survit aux civilisations... Nous n'écrivons pas dans le regret?: nous écrivons après. Nous écrivons pour une nation posthume qui se souviendra de nous en une autre langue qu'on appellera français faute de mieux. La langue : la seule responsabilité politique que je me sente. Richard Millet AUTEUR Né en 1953 en Corrèze, Richard Millet est un grand écrivain français contemporain, auteur d'une œuvre abondante (plus d'une centaine de titres) et décisive. Cette œuvre est d'abord remarquable par son écriture romanesque : « La Gloire des Pythre » (POL, 1997), « L'Amour des trois sœurs Piale » (POL, 1999), ou « Ma vie parmi les ombres » (Gallimard, 2005) décrivent dans ses profondeurs la vie rurale française, telle qu'elle a été engloutie à la fin des années cinquante : « J'ai vu s'éteindre, sur les hautes terres limousines, le monde rural dans lequel je suis né. J'ai vu finir une civilisation qui avait duré des siècles... » Ce pays façonné par tant « de privations et d'entêtement à survivre » n'a peut-être jamais existé tout à fait ainsi, mais cette restitution qui est donc une construction romanesque nous fait pénétrer par la gravité envoûtante de son écriture dans l'inaccessible recès de la misère humaine, la vérité tragique immémoriale de l'homme telle qu'elle pouvait en effet subsister en Corrèze au début du dernier siècle : ces pages dont Faulkner plus que Proust est le modèle puissant nous donnent par leur dureté même la certitude de toucher quelque chose indéniable de l'indestructible vérité. Dans « La confession négative » (Gallimard, 2009) et un tout autre théâtre, Richard Millet s'appuyait sur son expérience de la guerre civile libanaise pour explorer crûment « l'essence même de toute littérature : la guerre, violente, exigeante, dangereuse, enivrante ». Il a également publié de nombreux essais dont un des thèmes principaux est le « Sentiment de la langue » (La Table Ronde, 1993, prix de l'Académie française), et les titres sont : « Désenchantement de la littérature » (Gallimard, 2007), « L'enfer du roman » (Gallimard, 2010), « Fatigue du sens » (PGDR, 2011), « Langue fantôme » (PGDR, 2012), « Déchristianisation de la littérature » (Leo Scheer, 2018), etc. Les provinciales ont également publié « Israël depuis Beaufort » (2015).
S'identifier pour envoyer des commentaires.

Autres contributions de...