La Vénus hottentote, Entre Barnum et Muséum
Éditeur
Publications scientifiques du Muséum
Date de publication
Collection
Archives
Langue
français
Fiches UNIMARC
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La Vénus hottentote

Entre Barnum et Muséum

Publications scientifiques du Muséum

Archives

AideEAN13 : 9782856538692
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Originaire du cap de Bonne-Espérance, la Vénus hottentote, de son vrai nom
Sarah Baartman, fut présentée au public comme « le plus merveilleux phénomène
de la nature » dès son arrivée à Londres en 1810. Affublée d’un fessier hors
de proportion (stéatopygie), elle fut ainsi chosifiée comme « monstre » de son
vivant. À partir de septembre 1814, elle défraya la chronique parisienne avant
de mourir dans les derniers jours de l’année suivante. Son corps, entièrement
moulé puis disséqué au Jardin des plantes, allait un temps rejoindre les
collections d’anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle. Prise
pour type de race « sauvage », la Vénus hottentote n’en perdit pas tout
prestige. Ses représentations s’avérant toujours contemporaines de ses usages
scientifiques et sociaux, elle parut indistinctement un sujet d’enquête
toujours révisable au crible des connaissances et la victime idéale,
sollicitée, d’un exorcisme de masse. Au centenaire de sa mort, elle restait
une célébrité. Dans le périmètre du Muséum, elle passa des galeries d’anatomie
à celles d’anthropologie avant que son moulage, devenu sculpture
ethnographique, en vint à exemplifier dans les vitrines du Musée de l’Homme la
survivance des « Vénus » stéatopyges de la lointaine préhistoire. Les
différents chapitres de ce livre offrent des clés de lecture des imaginaires
collectifs, tant savants que populaires, sans nier les zones d’ombre qui
entourent la biographie de Sarah Baartman. Ils mettent en évidence les «
métamorphoses » complexes de la Vénus hottentote au fil de ses appropriations
naturalistes, morales et juridiques, depuis les premiers témoignages des
professeurs du Muséum qui l’examinèrent en mars 1815 (Georges Cuvier, Henri de
Blainville) jusqu’aux débats du Sénat qui préludèrent à la restitution puis à
la cérémonie nationale d’inhumation de ses restes, en août 2002, en présence
du président d’Afrique du Sud Thabo Mbeki.

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