La démocratie et la raison, Actualités de John Rawls
Éditeur
Grasset
Collection
essai français
Langue
français
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La démocratie et la raison

Actualités de John Rawls

Grasset

essai français

AideEAN13 : 9782246820659
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La plupart des observateurs s’accordent sur le constat que les démocraties
occidentales traversent une crise du modèle social et politique qui avait
prévalu durant les Trente glorieuses. Si l’ampleur de ces évolutions continue
de surprendre ceux qui, après la chute du communisme en 1989, croyaient à une
« fin de l’histoire » et au triomphe définitif, dans un monde globalisé, d’une
« révolution libérale », la crise était, à bien des égards, prévisible.
Face à cette évolution inquiétante, quels recours avons-nous ?
Publiée en 1971, la _Théorie de la justice_ de John Rawls (1921-2002) a
révolutionné la pensée sociale et économique avec sa conception anti-
utilitariste de la justice comme équité. Pour Rawls, l’égalité et la liberté,
loin de s’opposer comme le soutiennent bon nombre de libéraux et de
socialistes, sont compatibles à condition qu’elles œuvrent pour les plus
défavorisés (le «  principe de différence  »). On a souvent interprété cette
approche comme un pur produit, aujourd’hui dépassé, des valeurs et des espoirs
de l’après Seconde Guerre mondiale.
La thèse ici présentée est tout autre. Plus que le contenu de la théorie, elle
interroge l’actualité _politique_ de la démarche de Rawls - Habermas parle à
ce sujet d’une « braise radicale-démocratique » - et la relation constitutive
entre raison et démocratie qui la sous-tend.
La démarche _contractualiste_ qu’il propose, sur le modèle du contrat social
de Rousseau, est remarquable en ce qu’elle permet de dériver les principes de
justice indépendamment de l’imposition d’une idéologie, d’une vision du Bien
particulières. Cela est-il possible, se demandera-t-on  ? Oui, grâce à
l’expérience de pensée de la « position originelle » où, placé sous un «
voile d’ignorance  », chacun peut découvrir en quel sens les deux principes
d’égalité et de liberté sont justifiés et peuvent être publiquement l’objet,
même dans un contexte pluraliste, d’un accord libre, seule source de
légitimité démocratique. Loin d’être historiquement contingents, ils
constitueraient les conditions mêmes de toute coopération humaine.
Oser cet appel à « la raison humaine libre » (Kant) pour défendre la
démocratie et les principes d’égalité et de liberté contre leurs ennemis était
un geste « philosophiquement raisonnable » en 1971. En ce début du XXIe
siècle, quel sens garde-t-il  ? Ne serait-il pas devenu « politiquement
radical » ?

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