« Nous, on n’en parle pas », Les vivants et les morts chez les Manouches
Éditeur
Éditions de la Maison des sciences de l’homme
Date de publication
Collection
Ethnologie de la France
Langue
français
Fiches UNIMARC
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« Nous, on n’en parle pas »

Les vivants et les morts chez les Manouches

Éditions de la Maison des sciences de l’homme

Ethnologie de la France

AideEAN13 : 9782735117895
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Les Manouches, dont les roulottes et camions sillonnent le Massif central, ne
parlent pas de leurs morts. Cette déférence muette procède d’un art plus
général du non-dit et de l’absence qui soude la communauté tsigane et
l’inscrit dans le monde des Gadjé, le nôtre. Les Manouches ne disent rien d
’eux-mêmes. De leurs défunts ils taisent les noms, détruisent les biens et
abandonnent les campements aux herbes folles : « L’avènement manouche se fait
par la soustraction », souligne l’ethnologue dans ce texte exceptionnel. Seul
un intime des « buissonniers », des chasseurs de hérisson, des rempailleurs de
chaises et autres ferrailleurs nomades de nos campagnes pouvait procéder à
l’ethnographie de ce retrait et de ce silence essentiels, à chaque instant
refondateurs de l’identité du groupe dans sa distance aux non-Tsiganes.
L’écriture « compréhensive » de Patrick Williams épouse, par son rythme, ses
décalages et son inventivité, la complicité subtile du plus apparent et du
plus caché, et nous restitue la cassure structurelle qui fait des Manouches
ces gens du proche et du lointain, d’ici et d’ailleurs. Ni marginale, ni
dominée, ni déviante, leur civilisation n’a cessé de se constituer au sein des
sociétés occidentales comme circonstancielle et pure différence. En creux, en
contrepoint, en silence. Ce livre plein de finesse, d’émotion et de questions
cruciales posées à l’ethnologie nous révèle sous un jour entièrement nouveau
l’un de ces « peuples de la solitude » chers à Rimbaud et à Chateaubriand.
Alban Bensa

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