Quelle époque !, roman
EAN13
9782213643465
ISBN
978-2-213-64346-5
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
LITTERATURE ETR
Nombre de pages
821
Dimensions
23 x 15 x 4 cm
Poids
894 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Code dewey
850
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Quelle époque !

roman

De

Traduit par

Fayard

Litterature Etr

36.00

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PRÉFACEEn France, Anthony Trollope (1815-1882) ne figure pas parmi les romanciers victoriens les plus célèbres. Mais en Angleterre, son succès considérable ne s'est jamais démenti depuis plus de cent cinquante ans. Sa production est impressionnante, puisqu'il a à son actif quarante-sept romans de bonne taille, des nouvelles encore plus nombreuses (sans oublier une autobiographie, des livres de voyage et des études littéraires), qu'il rédigeait au petit matin, avec la régularité d'une horloge, et dans les rares moments de loisir que lui laissait son métier d'inspecteur des postes. C'est un conteur remarquable, qui sait captiver son lecteur et l'entraîner dans un autre monde, celui de l'Angleterre éternelle. Ce n'est pas un hasard si les Anglais le lisaient pendant les alertes de bombardements, dans le métro de Londres, au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est pas non plus un hasard s'il a suscité un grand nombre d'adaptations pour la télévision britannique, ce qui n'a fait que confirmer son succès populaire.Dans sa très riche production, on retient surtout deux cycles romanesques, comptant chacun six romans : ceux qui décrivent les intrigues ecclésiastiques dans le comté imaginaire du Barset (Barsetshire Novels) et ceux qui décrivent la vie politique à Westminster, autour du personnage central de Plantagenet Palliser (Palliser Novels). Mais son roman le plus remarquable, le plus riche, le plus long aussi, c'est celui qui est présenté ici pour la première fois en traduction française, et que la critique unanime considère comme son chef-d'œuvre.Trollope y travailla de mai à décembre 1873, avant de le publier d'abord en feuilleton, en vingt parties, de cinq chapitres chacune, en 1874-1875, puis en deux volumes en 1875.Le contexte historique et personnel a ici son importance. Dans les années 1870, la Grande-Bretagne atteint le sommet de sa puissance économique et financière. Londres est la première place financière du monde, et l'on prend conscience de l'importance du capital et du fabuleux pouvoir du crédit – tout en découvrant aussi les dérives et les escroqueries scandaleuses qu'il engendre.À la fin de l'année 1872, Trollope rentre d'un long voyage dans les colonies, où il a passé dix-huit mois, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il est surpris de voir avec quelle rapidité Londres s'est transformé, et à quel point son pays est désormais dominé par l'argent et son pouvoir corrupteur. Son roman est d'abord une dénonciation de la malhonnêteté et de la corruption qu'il observe autour de lui. Trollope vieillissant veut stigmatiser la décadence de son pays.La malhonnêteté est partout. Elle commence dans le monde littéraire, avec le comportement de Lady Carbury, qui écrit un mauvais ouvrage historique, puis un mauvais roman, et qui est prête à solliciter des comptes rendus favorables, lui permettant de bien vendre ses productions, contre des flatteries, voire des avances sexuelles. La malhonnêteté se retrouve dans les clubs, où des jeunes gens oisifs et bons à rien, comme son fils Sir Felix Carbury et ses amis, paient leurs dettes de jeu en signant des billets sans valeur, qu'ils n'ont pas l'intention de rembourser, quand ils ne trichent pas aux cartes. Mais surtout, la malhonnêteté triomphe dans le monde des affaires, avec la carrière du grand financier Augustus Melmotte.À partir de l'intrigue liée à ce personnage principal, Trollope, conteur hors pair, a conçu de nombreuses ramifications, qui offrent toute une série de parallèles et de contrepoints entre les différentes histoires qui concernent les victimes directes et indirectes de Melmotte. Malgré l'ampleur du récit, l'intrigue principale est concentrée sur six mois, de la fin février au début septembre 1873, et connaît son point d'orgue avec l'apogée quasi balzacienne du personnage de Melmotte, au cours des trois premières semaines de juillet.Le roman tranche avec les autres productions de Trollope par son inspiration satirique : cet écrivain latiniste se rapproche davantage de l'indignation féroce d'un Juvénal que de l'attitude plus indulgente du poète Horace, qu'il cite pourtant ici. Nous avons affaire à un roman sombre, qui transcende ses sources latines pour préfigurer un roman moderne comme l'Argent (1891) de Zola. L'indignation de Trollope finit toutefois par perdre de sa virulence, pour laisser place à un schéma de comédie. Après le sacrifice du bouc émissaire, les éléments qui menacent la société disparaissent – par la mort, la fuite ou l'émigration –, et l'on retrouve un certain ordre, grâce aux mariages, dont la concentration ménage une conclusion optimiste.Le titre anglais The Way We Live Now (« C'est ainsi que l'on vit aujourd'hui ») semble avoir été inspiré à Trollope par la formule de Cicéron : Sic vivitur. C'est une forme plus concise et plus percutante

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