Chroniques : vos libraires se confi(n)ent - 08/05

 

CLIQUEZ POUR LES CHRONIQUES DU 1er MAI

CLIQUEZ POUR LES CHRONIQUES DU 24 AVRIL

CLIQUEZ POUR LES CHRONIQUES DU 17 AVRIL

CLIQUEZ POUR LES CHRONIQUES DU 10 AVRIL

CLIQUEZ POUR LES CHRONIQUES DU 3 AVRIL

CLIQUEZ POUR LES CHRONIQUES DU 27 MARS

 

Chroniques : vos libraires SE CONFI(N)ENT

LA DERNIERE CHRONIQUE CONFINEE (libérée-délivrée) DE LAURENCE 

Et voilà, après huit semaines enfermés, confinés, séquestrés chez vous, la liberté (ou presque) vous tend enfin les bras. Vous allez pouvoir retourner travailler, faire les magasins (attention, on garde les gestes barrières, les distances de sécurité, on prend soin de ses commerçants et des autres clients !), aller chez le coiffeur (YESSSS !!!), aller boire un coup en terrasse (Ah non, ça c’est pas possible encore), partir en vacances (oui mais dans le Var, hein ?), mais surtout, SURTOUT SURTOUT, retrouver ses proches.

Les papas et mamans, les papis et mamies, les frères et sœurs, les amis, les voisins, un petit neveu né le mois dernier…

Ils ont été loin des yeux, mais toujours près du cœur : en visio, au téléphone ou par SMS. On trouve toujours le moyen de communiquer bien sûr. Mais la tendresse, le câlin, se regarder dans les yeux, tout ce qui réchauffe en cas de chagrin ou d’inquiétude, avouez-le, ça a dû vous manquer autant qu’à moi.

Nous allons nous retrouver et c’est tant mieux. Alors pendant ce dernier week-end de confinement, profitons-en pour relire des histoires de retrouvailles. Je vous propose cette semaine :

Un long dimanche de fiançaillesde Sébastien Japrisot : Jean et Mathilde sont fiancés et c’est la guerre qui les sépare. Jean ne revient pas, il est déclaré mort. Seule Mathilde croit encore qu’il est vivant. Elle le cherche, ne perd pas espoir. Elle mène une véritable enquête, persuadée que s’il était mort, elle le saurait, le sentirait. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, je ne raconterai pas la fin. Ce livre est un bijou d’écriture, de suspense, mais aussi de sensibilité. Et même si je ne veux rien dévoiler, il est quand même dans la chronique des retrouvailles…. 

Lord Gwynplaine  (Version E-Book) de Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal, aux éditions Albin Michel : Ah celui-là j’espérais bien pouvoir le proposer un jour. Un grand coup de cœur, une étonnante et pétillante revisite du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, transposée à notre époque. Certes, Erwan Le Dantec, enfermé pendant 15 ans dans une sombre prison guyanaise après une dénonciation calomnieuse ne revient pas pour faire des câlins, mais bien pour se venger. Il est libre, et il est en colère. Et il va y avoir de la casse ! Mais bon, il est vivant, il revient ; c’est le plus important.

Les retrouvailles  (Version E-Book) de Olivier Maulin : GnarkGnarkGnark ! vous êtes contents de pouvoir retrouver vos amis (attention pas plus de 10 à la fois !) ? De passer une soirée ensemble après ces longues semaines de visio apéros ? Eh bien pour Laurent, ce sont des retrouvailles après 25 ans de séparation, pas celles d’un confinement, plutôt celles que la vie vous impose, parce que l’on s’éloigne les uns des autres après la fac. Parce que la vie vous fait prendre des chemins différents. Un week-end à la campagne chez un copain de fac, retrouvé sur facebook quelques temps plus tôt. Des retrouvailles entre potes. Une soirée où l’on présente sa femme, ses enfants, un moment festif quoi. Celui dont vous rêvez depuis 8 semaines. Méfiez-vous cependant que cette soirée ne vire pas au cauchemar, avec des vieilles rancœurs pas oubliées, de sombres histoires pas si endormies. Vous avez déjà programmé une soirée entre amis ? Réfléchissez encore un peu… il vous reste 3 jours.

La belle au bois dormant  de Charles Perrault : vous imaginez 16 ans de confinement ? Pour Aurore, c’est ce qui s’est passé. A cause de la menace non pas d’un virus, mais d’une vilaine fée, elle part vivre enfermée avec ses trois marraines dans une cabane au fond des bois. Le jour de ses 16 ans, elle retrouve enfin ses parents, peut leur parler, les toucher, les embrasser. Jusqu’à ce qu’elle se pique le doigt sur l’aiguille d’une quenouille. C’est ballot.  Et la voilà qui s’endort. Alors à partir de lundi, si vous comptez coudre des masques, faites quand même attention ; 100 ans de sommeil, c’est long long long…

Voilà pour les propositions du jour ! Les chroniques « made in confinement » sont donc terminées, mais c’est avec un plaisir infini que je vous retrouverai dès lundi en librairie. Mille bises décontaminées à tous.

 

Le CHARL’s CHRONIQUE

Jeanne-Marie, barista au Charl’s Café de Toulon, est d’humeur 5 étoiles aujourd’hui !

Un confinement cinq étoiles : la gastronomie française à la maison

Comme beaucoup, je pense pouvoir affirmer aujourd’hui que c’est la cuisine qui a sauvé mon psychisme durant cette période si particulière. Et comme je suis une indéfectible optimiste, je ne me résous pas à me dire que cette situation va durer indéfiniment...je me surprends même à penser que cela n’arrivera plus jamais puisque nous aurons su tirer un enseignement d’une telle expérience...bref, vous voyez où j’en suis !

Voilà pourquoi je pense que ce type d’expérience doit être mis à profit. Pour ma part, j’en profite pour transformer l’essai. Je remets donc en jeu mon titre de reine du gâteau au yaourt pour me hisser au rang de chef confinée-bientôt déconfinée... Celle qui sait réduire une sauce, barder une volaille ou clarifier un beurre... Celle pour qui un “diable” n’est pas forcément un enfant qui use de tous ses vils stratèges (somme toute très efficaces) pour vous faire dépenser des sommes astronomiques sur Fortnite, mais plutôt une cocotte qui permet de cuire les aliments à l’étouffée.

Mais pour en arriver là, ce ne sera pas grâce aux recettes trop sommaires disponibles sur internet que nous pourrons prétendre à notre première étoile au Michelin. Non. Pour cela, il faut un vrai livre de cuisine. Celui qui est écrit par un véritable chef, voire par les enseignants d’une école de cuisine de renommée mondiale. Des recettes cohérentes, loin de celles que l’on peut trouver sur la toile et qui vous guident pas à pas. Le jargon peut paraître barbare mais s’il est bien expliqué, vous pouvez réaliser rapidement des mets extraordinaires qui raviront votre famille avant de les faire découvrir à vos proches. Et je ne parle pas de la satisfaction personnelle qui résultera de votre assiduité !

Reste encore à trouver le bon livre de recettes, voire LES livres de recettes. Et pour cela, il y a des incontournables. Avant toute chose, je conseillerai donc de consulter Le lexique culinaire de l’école Ferrandi. Tout y est : gestes, cuisson, découpe...chaque action est détaillée et illustrée comme si vous participiez à un cours de cuisine avec l’un des plus grands chefs. Pour aller plus loin ou pour compléter ce premier enseignement, vous trouverez également dansLe grand cours de cuisine  (toujours de l’école Ferrandi). Ce guide est un partenaire fiable et complet qui vous accompagnera pas à pas pour comprendre comment acheter les bons produits et savoir comment maîtriser les techniques de base.

Dans ce livre, vous trouverez également des recettes déclinées en plusieurs versions (de la plus facile à la plus élaborée). Cette approche est très intéressante pour mesurer vos progrès quant aux différents gestes appris au fur et à mesure.

Si vous souhaitez d’ores et déjà revisiter des recettes classiques ou vous lancer dans une cuisine élégante et singulière, je vous invite vivement dans ce cas à vous offrirJoia  d’Hélène Darroze. Exigence et simplicité sont les maître-mots qui émergent à la lecture de ce recueil de recettes. Absolument chacune d’elles donnent l’eau à la bouche comme les raviolis sauce osso bucco ou le très surprenant gâteau de crêpes au matcha.

Autre ouvrage de référence : Le guide culinaire  d’Auguste Escoffier. Le maître incontesté de la cuisine française moderne continue d’inspirer tous les grands chefs étoilés d’aujourd’hui, près d’un siècle après sa mort. Ce livre est un monument dans lequel toutes les recettes “originales” sont répertoriées.

Autre incontournable depuis 1907 et qui est la Bible de la gastronomie française, j’ai nommé le Ali Bab évidemment. Au-delà des 5000 recettes recensées, c’est aussi un voyage dans le temps surprenant. Dans l’édition que je possède à la maison (et qui date de 1939, s’il vous plaît !), je viens de tomber par hasard sur la recette de la dinde truffée rôtie qui ne nécessite pas moins d’1 kg 500 de truffes noires du Périgord !!! Et oui, la truffe noire à cette époque était bien plus accessible, ce qui paraît impensable aujourd’hui ! Et je passe la recette de jus de truffe qui demande de faire macérer les truffes dans un bouillon avant de tout bonnement les jeter !