Chroniques : vos libraires se confi(n)ent - 01/05

 

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Chroniques : vos libraires SE CONFI(N)ENT

La Chronique confinée-décalée (et capillotractee) de Laurence,

libraire à Charlemagne Toulon,

qui vous concocte chaque semaine un programme de lecture « made in confinement »

 

JE SUIS CONFINE(E) ET “A quoi cela sert-il de se faire couper les cheveux, puisqu’ils repoussent.”Jules Jouy, poète.

Et…. Oui ! comme 99% des français, vous ne vivez pas avec un(e) coiffeur(se) et vous avez donc, au choix : des cheveux courts devenus longs / des racines blanches ou brunes sur une chevelure brune ou blonde / des mèches qui n’en sont plus / des épis dans tous les sens / une frange qui recouvre vos yeux, voire tout ça à la fois.

Ou pire, vous avez peut-être décidé de jouer à l’apprenti coiffeur(se) avec les membres de votre famille. Vous avez donc appris à vos dépends que coiffeur est un métier (2 ans d’apprentissage pour le CAP…) et que ça ne s’improvise pas. Et à priori vos enfants et votre conjoint vous détestent.

Mais, amis lecteurs mal coiffés réjouissez-vous, votre libraire également mal coiffée vous propose une sélection, qui, à défaut de trouver des solutions à vos problèmes, a au moins le mérite d’en parler…

Raiponce des frères Grimm : Nous ne pouvons pas y échapper. Cette Princesse porte en elle l’espoir de tous les Français : s’échapper de chez soi par la fenêtre en s’accrochant à sa chevelure trop longue. C’est l’histoire du confinement…

Les quatre filles du Docteur Marchde Louisa May Alcott : Souvenez-vous, au milieu de ce roman délicieusement suranné, remis récemment au goût du jour grâce au cinéma, la pétillante Jo coupe sa longue chevelure. Elle va la vendre à un perruquier afin de payer un billet de train à sa mère qui doit rejoindre son époux blessé pendant la guerre de Sécession… Vous voyez, votre souffrance peut vous rapporter gros !

Harry Potter de J.K. Rowling : Vous pouvez prendre n’importe quel tome de la saga, Harry Potter y est toujours décrit comme un enfant mal coiffé, à la tignasse rebelle. Finis les complexes, le sorcier le plus connu de la planète est comme nous.

La Tresse de Laetitia Colombani : Et oui, comme quoi les cheveux qui poussent servent aussi à tisser des liens…

La Cantatrice chauve de Eugène Ionesco : Ne cherchez pas de lien trop important avec les cheveux dans cette pièce, car il est vraiment très ténu, c’est le titre et une phrase du texte. Mais il aurait été dommage de s’en priver quand même… d’autant que c’est une pièce extraordinaire, Ionesco étant un maître de la réplique et un surdoué de l’absurde. Avec ou sans cheveu, vous allez adorer, et si vous avez l’occasion d’aller voir la pièce, c’est encore mieux !

Norma de Sofi Oksanen : Norma a un problème, ses cheveux poussent trop vite (ça vous rappelle quelqu’un ?) Accessoirement, elle a un autre problème, sa mère Anita -récemment embauchée par un salon d’extensions capillaires, est retrouvée morte sur les rails du métro. Norma qui ne croit pas au suicide, mène l’enquête et apprend qu’Anita travaillait pour la mafia. Norma va enquêter sur sa mère, son passé, sa famille. Bon ! On a aussi les cheveux qui poussent, mais quand même moins de problème (enfin je vous le souhaite).

Et voilou, c’est tout pour aujourd’hui et n’oubliez pas : « Problèmes de cheveux, Chauve qui peut ! »

 

Vanessa évoque son coup de cœur depuis toujours pour Lyonel TROUILLOT

J'ai découvert Lyonel Trouillot avec La Belle amour Humaine (Version EBOOK), puis se sont ensuivis : Thérèse en mille morceaux; L'amour avant que j'oublie (Version EBOOK);  Parabole du Failli  (Version Ebook) ; Kannjawou (Version Ebook)Le doux parfum des temps à venir(Version EBOOK)Ne m'appelle pas Capitaine (Version Ebook)
Autant dire que j'aime cet auteur, que son écriture m'a touchée à l'époque comme un uppercut littéraire. Ecriture qui dénonce avec lucidité et force la violence, les vicissitudes, la misère et la pauvreté - politiques, historiques, sociales ou humaines, de son île, Haïti.
Écriture engagée qui cependant reste incroyablement solaire, qui ose espérer l'homme et sa capacité à être en relation. Qui ose croire en lui. En elle. En eux. Qui brandit la beauté et la poésie comme nécessaires et essentiels étendards lumineux dans nos nuits.
Aveu d’impuissance, visions-chimères ou … acte de foi et "souveraine exigence" ? Son écriture est à la fois refuge et engagement. Étonnant mariage...
Ecriture-refuge qui s'élève donc comme ultime rempart face à la dureté de nos mondes, quand elle appelle à la résistance et à l'agir.  L’on y retrouve aussi la tendresse et les nombreuses fulgurances poétiques qui sont propres à Lyonel Trouillot et qui laissent forcément quelques très jolies traces en chemin... 
 

"Il m'avait pourtant donné quelque chose que les mains les plus prestes des autres ne portaient pas en elles. Il m'avait imaginée. [...] Avais-je fui sa demande ou étais-je moi la plus pragmatique de nous deux? Il m'avait imaginée. C'est une chose très rare dans le monde d'où je viens. A Montagne Noire, personne n'apprend à être rêvé, nous épuisons nos destinées à être des données concrètes" .

 

Le CHARL’s CHRONIQUE

Jeanne-Marie, barista au Charl’s Café de Toulon, est d’humeur culinaire zen aujourd’hui

La cuisine zen : la bienveillance d’une alimentation saine

Après la chronique zen de la semaine dernière, je voulais à mon tour vous proposer un voyage intérieur, celui que nous offre une alimentation bienveillante, aussi appelée shôjinryôri.

C’est entre la Chine et le Japon que l’auteur d’un formidable ouvrage a pu décrypter le rôle évident d’une cuisine bienveillante, la cuisine zen.

Elle s’appelle Valérie Duvauchelle, et son livre Le goût silencieux n’est pas vraiment un recueil de recettes.

Il s’agit plutôt d’un guide qui place la nourriture en trait d’union entre la nature et l’homme ; entre l’univers et l’homme.

A aucun moment un dogme ne nous est imposé, ni moins encore une règle.

L’auteur partage juste des moments forts et importants. Elle nous fait prendre conscience de ce que la nature nous offre, certes...mais c’est tout un ensemble qui fait que l’alimentation zen prend toute sa valeur : l’aliment, le contenant, la préparation et même la position que l’on adopte pour se nourrir.

L’écriture est intelligente, claire et poétique. La démarche est aussi utile que bienveillante.

Il s’agit là d’une clé qui nous permet de véritablement appréhender le monde qui nous entoure, quel qu’il soit, et qui apprend surtout à concilier le bien FAIRE avec le bien ÊTRE.

Plus qu’un recueil, c’est presque un outil que je vous propose de découvrir ; une vision différente mais éclairée d’un mode d’alimentation conscient...un pas de plus vers le bonheur de faire partie d’un tout.