• 17 octobre 2012

    Chronique

    Cet album est le deuxième et dernier tome d’une série entamée l’an dernier par Alexis Chabert et Philippe Charlot. Tous deux musiciens, ils se sont attachés à rendre avec justesse l’atmosphère de la Nouvelle-Orléans.

    Tout débute donc à Bourbon Street, rue historique du quartier français où traînent nos héros, de vieux musiciens qui avaient relégué leurs instruments et leur swing au placard. Mais c’était sans compter sur Alvin, toujours élégant dans ses costards rayés et pompes bicolores. Il s’est mis en tête de remonter sur scène et de faire revivre, à l’image de ces vieux cubains du Buena Vista Social Club, sa musique et sa jeunesse.

    Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Alvin à nouveau sur les routes avec ses anciens compagnons: Oscar le batteur, bon vivant et chauffeur du groupe dans sa Plymouth break; Daroll le contrebassiste, plus silencieux, qui retrouve d’anciennes conquêtes pendant cette tournée; et Cornélius le trompettiste, qui trimbale sa peine et ses fantômes.

    Le retour des « papys du Jazz » n’est pas évident. Ils vont de bars miteux en bals pour célibataires du bayou, sillonnant une route propice aux souvenirs. C’est alors que resurgit l’histoire d’amour d’Alvin et Cornélius pour celle qui continue à hanter leurs pensées: Angelina, la chanteuse de leur ancien Big Band.

    Le dessin précis, les couleurs subtiles et chaudes de Sébastien Bouet font revivre en flash-back intimes cette époque où un nègre ne pouvait poser son regard sur une femme blanche. Leur voyage les mène à Bâton-Rouge, vers la vérité et l’apaisement.

    C’est donc avec plaisir que l’on retrouve ces personnages attachants et leurs histoires de cœur. On aimerait comme eux être sous la protection de Louis Armstrong, leur ange-gardien. Un album à lire en écoutant le Hot Five.

    Véro

    Lire la chronique illustrée : http://www.brestenbulle.fr/?p=7741