• 2 juillet 2013

    France, immigration, Vietnam

    De l'auteur, je connaissais son univers hors norme et bien à lui avec "L'enquête" et "Le rapport de Brodeck".
    Je découvre avec cet ancien roman une autre couleur de la palette de l'artiste.
    Dans ce récit court, l'auteur a su me mettre en empathie avec son personnage principal, qui jamais ne quitte sa petite fille.
    J'ai également perçu les couleurs, les parfums et les sons du pays perdu, comme une invitation au voyage.
    Un roman bouleversant sur le thème de la perte, qui s'éclaire au dernier chapitre.
    Merci, M. Claudel, pour ce beau moment d'émotion.

    L'image que je retiendrai :
    Celle des deux vieux hommes sur leur banc, l'un fumant, l'autre chantant une chanson à sa petite fille.


  • 24 avril 2010

    Roman de Philippe Claudel.

    Monsieur Linh a fui un pays en guerre où son fils et sa belle-fille ont trouvé la mort sous les bombardements. Il arrive en France avec une petite valise et une enfant, Sang Diû, sa petite-fille, rescapée des bombes. Le bébé est l'objet de toutes ses attentions et de toutes ses forces. Seul, dans un pays inconnu, Monsieur Linh rencontre un homme aimable et sans préjugé qui se lie au vieil homme exilé et perdu.

    Très difficile de décrire l'émotion qui m'a submergée à la lecture de cette oeuvre si touchante. J'ai dévoré le texte d'une seule traite, avidement. L'auteur décrit simplement la complexité et la force des sentiments qui animent son personnage, un vieil homme enfermé dans ses chimères et ses souvenirs. La chute, plus que tout, est surprenante, désarmante. Tout fait sens à la lecture des dernières lignes, et on aurait envie de reprendre le livre à la première page pour replonger dans la magie, armé de la dernière clé. Je le conseille, sans aucun doute. Le texte est court et se lit vite. Et il a imprimé sa marque durablement dans ma mémoire de lectrice! Philippe Claudel a encore une fois su me transporter!

    J'ai effectué un rapprochement entre les personnages de ses différents livres. Belle de jour, dans Les âmes grises, est assassinée. Dans le même livre, le narrateur perd sa femme, qui meurt en accouchant un enfant mort-né. Sang Diû est un bébé qui n'en est pas vraiment un. Et Poupchette, dans Le Rapport de Brodeck, est une enfant non désirée, née d'une femme violée. Il me semble que les enfants sont presque toujours victimes dans les textes de Philippe Claudel. Il y a une construction du personnage de l'enfant qui se retrouve à chaque fois: un petit être à part, lumineux et beau, que l'on écrase. Cela suscite une émotion intense, et renforce la distance avec les personnages adultes qui deviennent tous coupables, d'une manière ou d'une autre. Poignant à chaque fois.


  • 1 décembre 2009

    « La Petite fille de Monsieur Linh » m’a littéralement secouée. Je me suis prise de tendresse pour ce vieil homme expatrié qui lutte, qui veut vivre pour sa petite fille. Un livre bouleversant de sentiments qui m’a conduite doucement, sans aucune précipitation à découvrir sa vie d’avant et à aimer cet enfant. Il espère pouvoir offrir le meilleur à sa petite fille alors on voudrait, simplement, pouvoir l’aider ce Monsieur Linh...